Il n’est pas de bonne démocratie sans bonne censure. 

 

La première de toutes les libertés de la presse, c’est de censurer les informations trop éclairantes pour le public.

 

Aucun journaliste n’est suffisamment conscient pour comprendre le rôle qu’il joue. Par suite, aucun n’est entièrement malhonnête. Mais inversement, aucun d’entre eux n’est suffisamment inconscient pour ne pas deviner le rôle qu’il joue. Par suite aucun n’est entièrement honnête.

 

La presse remplit trois fonctions. La première, la plus évidente et la seule qu’elle se reconnaît, est d’informer. Il est impossible de soutenir que la presse n’informe pas. La seconde est de propager, d’illustrer et défendre la vulgate démocratique. La troisième est de censurer les informations qui permettraient au public de comprendre des choses gênantes pour la puissance sociale.

 

S’il y a des gens qui ont une excellente opinion d’eux-mêmes, ce sont les journalistes. Cela tombe bien pour eux, ils sont en même temps juge et partie. La critique de la presse est faite par des journalistes. Ainsi, elle n’est jamais méchante.

 

Les éditions “Raison d’agir” publient “Les nouveaux chiens de garde”, une critique virulente s’il en est du journalisme de connivence. L’auteur de ce livre est Serge Halimi. Et que fait ce brave homme dans la vie? Il est journaliste. Super! De la sorte, nous voilà assurés que ses critiques envers ses collègues ne seront pas trop vaches.

 

Il existe deux sortes de polices. La première, celle à laquelle tout le monde pense lorsqu’on prononce le mot “police”, est la police physique, en tenue ou en civil : les gardiens de la paix, les gardes mobiles, les CRS, le GIGN, etc. La seconde sorte de police est la police intellectuelle: la presse, les intellectuels. La police physique assure le maintien de l’ordre dans les rues et dans les usines, la police intellectuelle est une police politique qui assure le maintien de l’ordre dans les cerveaux.

 

Ce nous appelons communément science politique - et qui n’est pas une science, mais plutôt un art -  remplit deux fonctions essentielles. La première est de légitimer le pouvoir de l'Etat car il faut que celui‑ci acquière une autorité morale sur laquelle il puisse appuyer sa structure institutionnelle et sa suprématie légale.  La seconde fonction est de dissimuler la nature et les rouages des systèmes politiques modernes afin d'empêcher les gens de les comprendre. Ces deux fonctions sont directement liées car c'est en dissimulant le fonctionnement des institutions que la science politique parvient à les légitimer.

 

Dans une société démocratique, les seuls débats permis sont les débats de compères.

 

Dans une société démocratique, la tolérance s’exprime par la formule: “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites et je me battrai pour que vous ne puissiez pas le dire.”

 

Dans une société démocratique, la seule manière de discuter avec quelqu’un qui ne partage pas vos opinions est le mépris. “Il ne partage pas mes idées, donc il est méprisable. Et s’il est méprisable, je ne discute pas avec lui car on ne discute pas avec un interlocuteur méprisable.” En langage jeune on peut dire aussi: “On ne nourrit pas le troll” (un troll est une personne qui n’a pas les mêmes idées que vous).

 

Ce qui fait le charme des sociétés démocratiques, c’est que l’intolérance et la censure y sont quasi absolues. .

 

Dans la société humaine, penser est la transgression la plus absolue. La pensée critique, voilà, la subversion absolue. Philippe Roth, écrivain.

 

Les régimes démocratiques proclament des droits de l’homme, mais ne les respectent pas.

 

La démocratie, c’est le capitalisme plus les élections.

 

La démocratie est une variété particulière de dictature. Ce que nous entendons habituellement par ce mot, c’est un régime dirigé par un homme à qui on donne un nom: Castro, Khadafi, Saddam Hussein, Bachar al Assad. La dictature démocratique, au contraire, n’a pas de nom. C’est une dictature anonyme.

 

La dictature démocratique a ceci de particulier qu’elle manie plus le gros édredon qui étouffe que la matraque qui assomme. Toutefois, elle ne dédaigne pas non plus la matraque si nécessaire.

 

Nous sommes tous des abrutis parce que nous avons tous été à l’école. Cependant, après l’école, tous les individus ne suivent pas le même chemin. Les uns restent dans le droit chemin et seront des abrutis toute leur vie. D’autres sombrent dans la délinquance en se mettant à penser par eux-mêmes. Ils seront alors de moins en moins abrutis, même s’il leur restera toujours des séquelles.

 

Le mensonge est aux régimes démocratiques ce que l’oxygène est à l’individu. Sans oxygène, l’individu meurt.

 

Les régimes politiques modernes ne reposent pas seulement sur le mensonge, l’hypocrisie, le cynisme et la corruption. Ils reposent également sur l’opacité, le secret et la peur.

 

Les régimes démocratiques ont le droit de commettre tous les crimes qu'ils veulent parce que, quand un Etat totalitaire commet un crime, il fait le mal, tandis que, quand un Etat démocratique commet un crime, il fait le bien.

 

La vérité ne mène pas à la fortune. Jean‑Jacques Rousseau.

 

Dans un régime démocratique, le peuple est un crétin qu’on mène. C’est pourquoi il importe qu’il soit aussi ignorant que possible car, plus il est ignorant, plus il est facile de le mener.

 

L'ignorance est commode pour les gens en place, ils dupent et oppriment avec moins de peine. Gabriel Bonnot de Mably, philosophe du siècle des Lumières.

 

L’Ancien régime ne proclamait pas la liberté d’expression mais laissait d’indéniables possibilités d’expression aux idées subversives. Les régimes modernes proclament la liberté d’expression et la revendiquent comme un signe distinctif  mais, en sus de procédés de censure nombreux et efficaces, ils possèdent l’art d’étouffer les pensées hérétiques qui trouvent à se faufiler dans les interstices de la censure.