Chaque fois qu’un grand événement sportif mondial est annoncé, les « abolitionnistes » clament que 40 000 prostituées vont être importées de force dans le pays  (Allemagne, Afrique du Sud, Nouvelle Zélande, Angleterre) pour satisfaire des hordes de supporters en rut… Et la menace ne se réalise jamais : en Allemagne lors de la Coupe du Monde, la police a signalé… 5 cas ! En Nouvelle Zélande, pour la coupe du Monde de Rugby… une seule tentative d' »importer » une personne sans autorisation… (voir article en français sur cette « légende urbaine » et l’article (en anglais) paru en juin 2012 sur le site BBCNews, montrant que cette menace ne s’est jamais le moins du monde matérialisée à l’occasion d’aucun évènement sportif international) 

Malheureusement la disproportion entre les chiffres proclamés et la réalité est si grande que le public et les media ont du mal à croire qu’on ait pu les duper dans de telles grandeurs. 

Et s’il en était de même pour les autres nombres proclamés par les abolitionnistes ? Il est clair qu’il existe des personnes terriblement traitées par des mafias, d’autant plus que la loi française les jette dans la vulnérabilité; nous avons les lois pour lutter contre cela, il faut donner aux forces de l’ordre les moyens de le faire, je ne parle ici que de prostitution volontaire. 

Pour ce qui est du nombre de prostituées en France, on avance le nombre de 20000, dont 80 à 90 % seraient forcées… Mais personne ne sait d’où vient ce chiffre ; il s’agit, semble-t-il en fait, du pourcentage de personnes étrangères contrôlées par la police dans la prostitution de rue… Et comme elles sont étrangères, elles sont immédiatement considérées comme victimes de trafiquants… alors que beaucoup d’entre elles ont choisi d’émigrer pour faire ce travail et y trouvent leur meilleur compte dans l’état actuel du marché du travail en France et dans le reste du monde.(voir ici le point de vue de l’association Cabiria) 

De surcroit, la prostitution de rue n’est plus qu’une petite partie du paysage, pas plus de 15 % dans des pays où on a pris la peine de faire une recherche poussée ; le rapport de la commission abolitionniste reconnait ne rien savoir de la prostitution hors rue, dans des salons , des appartements, souvent via Internet : seul est cité le rapport de Mr Melitto, sociologue, qui a compté près de 10000 annonces, dont 4000 de personnes indépendante : cela fait déjà 4000 personnes qui exercent ce métier de leur propre gré, même si beaucoup aimeraient mieux faire autre chose. Une grande partie des autres dépendent d’agences qui ne sont pas des réseaux de coercition, mais des agences de mise en contact, percevant une commission de mise en relation comme dans beaucoup d’autres métiers). 

Le rapport de la commission reconnait aussi clairement que les femmes d’origine chinoise en particulier, qui travaillent dans les centaines de « salons de massage » de France ne sont pas contraintes, tout au plus travaillent-elles pour rembourser les dépenses liées à leur migration et envoyer leurs gains à leur famille ; Maître Francis Caballero, auteur du Droit du Sexe, révèle que 80 % des cas de ce genre qu’il a à plaider ne concernent que des activités de « soutien » , qu’il serait temps de dépénaliser, et aucunement une exploitation par violence, à poursuivre sans relâche ; et le Tribunal de Paris  confirme que ces salons ne sont pas sous la coupe de proxénètes violents, mais tirent seulement profit des réseaux d’immigration illégale. 

La Commission oublie aussi totalement les milliers de femmes françaises qui de leur plein gré franchissent régulièrement, les frontières des pays qui entourent la France pour exercer dans des conditions beaucoup plus dignes , saines et sûres en Suisse, en Allemagne, en Belgique, où la législation est beaucoup plus favorable. 

Un débat révélateur : le 7 décembre, au cours d’un débat en direct sur LCP, la chaine parlementaire, voici un court extrait d’un débat entre la représentante du Syndicat des Travailleurs du Sexe, Morgane Merteuil, et le député Guy Geoffroy, qui doit savoir d’où viennent ces chiffres puisqu’il a co-dirigé la commission de l’ Assemblée nationale : 

Guy Geoffroy : 90% des personnes prostituées sur le territoire français sont des victimes de la traite des êtres humains…

Morgane Merteuil : Ce chiffre de 90% est-ce que vous pouvez m’expliquer comment il a été constitué, s’il vous plait ?

GG : Vous savez, il suffit d’aller se rendre sur place, observer, et quand vous allez, ce que j’ai fait dans ces établissements madrilènes ou à la Junquera…

MM : Voilà, Vous parlez de la prostitution en France…

GG : Oui C’est la même chose, quand vous allez dans les rues des quartiers chauds de Bruxelles ou de la Haye et que vous voyez ce que vous voyez…

MM : On a parlé de la France, là…/

GG : …et que vous dialoguez avec ceux qui sont en relation avec les personnes prostituées, vous vous apercevez qu’effectivement aujourd’hui dans notre pays la prostitution a changé

MM : Non vous regardez ce qui se passe a Bruxelles et en Espagne et vous dites qu’en France ça a changé

GG : Cà fait partie du paysage Européen parce que les mafias elles vont partout.. 

En résumé Guy Geoffroy ne veut ou ne peut absolument pas dire d’ou vient ce chiffre de 90 %… Ce qu’il sait de la prostitution en France, il le tire d’observations en Espagne et à Bruxelles et de dialogues avec « les personnes qui sont en relation avec les personnes prostituées », c’est à dire toujours les mêmes « experts », 100% abolitionnistes, des mouvements comme le Nid, qui parlent au nom des prostituées et proclament des nombres invérifiables.

Aucune étude plus sérieuse n’a été réalisée en France. En Angleterre, par contre des enquêtes ont été faites, et des opérations de grande envergure ( voir les textes de Nick Davies, du Guardian), ont mobilisé toutes les forces de police du Royaume Uni ; sur une nombre estimé de 25000 personnes exerçant les métiers du sexe, dont 2/3 d’étranger(e)s, les autorités ont trouvé :  de quelques centaines à 2500 personnes possiblement victimes de la traite des êtres humains, soit moins de 10% ! 

Voir aussi les recherches du Dr Nick Mai :La grande majorité des travailleurs migrants interrogés dans l’industrie du sexe au Royaume-Uni ne sont pas obligés, ni victimes de la traite, 

D’ailleurs, en  France comme en Angleterre, comment peut on imaginer que 90% de 20000, soit 18000 personnes exploitées, présentées comme par les abolitionnistes vrais esclaves sexuelles,  soient accessibles aux clients et introuvables pour la police ? Ou alors la police serait vraiment nulle !